HISTORIQUE
 
 
          Un peu d'histoire...


          Dès 1803 un collège de garçons est créé à Uzerche, les classes fonctionnent dans les locaux de l’ancienne abbaye. Le premier directeur est Monsieur Brunie. On y enseigne toutes  les parties nécessaires à une bonne éducation mais aussi des spécialités pour des professions industrielles et administratives.
          Une école de filles est créée à l’hospice  par les sœurs de Nevers en 1839 à la demande du maire et du curé. Les filles pourront être demi- pensionnaires ; en 1846 il y avait une quinzaine d’élèves.
          Avant la loi Falloux, le conseil municipal ne pouvant faire face à l’entretien des locaux des deux classes de l’école primaire et du collège de garçons, sollicite en 1848 la venue des frères de la doctrine chrétienne.  En conséquence, le conseil municipal refuse les crédits pour le collège (13 février 1852) qui disparaît ainsi faute de moyens. Les frères ouvrent alors  « l’école des frères de la doctrine chrétienne ».
          L’établissement fructifie, des fonds sont débloqués pour créer un pensionnat de 28 lits. Dans le même temps, l’école de filles comprend 130 élèves en 1852.
          La république s’installe.  Entre 1877 et 1881 des maires républicains prennent la gestion du canton. Le 31 mars  1878 le conseil municipal demande la création d’une Ecole Primaire Supérieure (EPS) et souhaite que les instituteurs soient laïques ; il débloque des fonds pour le traitement des maîtres. En juin, le conseil départemental vote sa création. Dès septembre 1878 les frères ont cessé leurs fonctions suite à l’arrêté du préfet visant l’enseignement laïque. Cependant le curé reloge les frères et certains élèves dans des demeures de particuliers. Le conflit public - privé  commence.
          Cette EPS fonctionne dans des locaux privés jusqu’en 1907.
          En 1894,  le conseil municipal réinstalle le collège dans des bâtiments communaux en attendant la nouvelle construction sur l’emplacement de l’ancienne abbaye. Dès 1900, trois professeurs et 60 élèves garçons fréquentent le collège. L’école des frères ne compte plus que 20 élèves. Celle des sœurs se maintiendra jusqu’aux années 20,  les locaux de l’école publique de filles, trop exigus, ne permettaient pas l’accueil de tous les enfants.
          Le choix de la construction n’est pas neutre. Les partisans de l’école laïque souhaitent que les bâtiments cachent l’abbatiale pour affirmer leurs idées sur un plan symbolique. La réception des travaux de la première tranche  a lieu le 27 août 1893 et de la 2ème  le 27 décembre 1907.
          Entre temps, l’école primaire de garçons a été rénovée, reste le chantier de l’école de filles. Impossible de la laisser rue de la justice faute de place. Mais où fallait- il l’implanter ? Aux Buges ou place de la Mairie (aujourd’hui place de la libération) ?
          Voici les propos recueillis d’un conseiller dans une lettre écrite au Préfet : « que dire du voisinage des deux auberges Barome et Parcellier ? Elles sont à 15/20 mètres au plus de l’école. Or tout le monde sait à Uzerche que  les jours d’audience, de marché ou de foire, c'est-à-dire deux ou trois fois par semaine, sont le rendez-vous des commerçants et des plaideurs. On y boit sec en discutant et lorsque les clients sont amplement désaltérés, ils entonnent des chansons obscènes sans se préoccuper des oreilles qui peuvent les entendre.
          Bien plus, comme les auberges ne doivent pas avoir de closets, les gens qui les fréquentent ne se donnent pas la peine d’aller dans les écuries, ils s’alignent le long des murs et, publiquement, se soulagent.
          Il est aisé de deviner à quelles exhibitions par trop naturelles assisteront les grandes jeunes filles qui joueront dans la cour ou qui sortiront de classe. Je ne parle pas des mélanges qui se produiront fatalement le soir, à six heures et demie à la sortie des externes de l’école supérieure de garçons et du cours complémentaire de jeunes filles : on paraît n’y ajouter aucune importance…»
          La première guerre mondiale retarde les projets. 
 
          La guerre de 14-18 ralentit l’évolution des écoles, nous n’avons que peu de renseignements sur cette période mais nous savons que certains locaux ont permis l’accueil de blessés de guerre. Il faudra attendre 1923 pour que reprenne la création de l’école primaire de filles, inaugurée en 1925.

L’EPS de garçons :
          Les objectifs des EPS se situent dans le prolongement de ceux de l'école primaire élémentaire : enseignement d'abord utilitaire et idéologiquement marqué par les idées républicaines. Ce cursus permet à de nombreux enfants en majorité de paysans, d’ouvriers, d’accéder à une  « situation »  plus enviable que celle de leurs parents.
          En 1928 : 159 élèves garçons dont 113 pensionnaires préparent le Brevet Elémentaire et le Brevet d’études primaires supérieures. Les écoles primaires supérieures orientent les élèves vers les concours d’entrée dans les Ecoles Normales d’Instituteurs, concours des Postes, des Chemins de fer, concours administratifs. De 1928 à 1933 en France, l'enseignement secondaire devient progressivement gratuit. Cette réforme a des conséquences d'autant plus lourdes qu'elle coïncide avec le renversement de la tendance démographique: c'est à la rentrée 1930 que commence à se faire sentir la vague démographique de l'immédiat après-guerre. Les aspirants à l'enseignement secondaire sont donc plus nombreux que dans les cinq années précédentes. C'est précisément le moment où la gratuité vient favoriser la scolarisation. Sous le gouvernement de Vichy, les EPS sont supprimées et se transforment en Collèges Modernes.
          En 1941, le ministre de l'Education supprime la gratuité du second cycle, une mesure que la libération en 1945  s'empresse d'abolir en généralisant la gratuité. De nombreux témoignages d’anciens confirment cette donnée.  Le Collège Moderne d’Uzerche devient Collège Moderne et Classique de Garçons en septembre 1960.
On constate une évolution dans les effectifs : en 1955 : 108 inscrits,  en 1959 : 149, en 1961 : 165, en 1966 : 223

Et les filles :
          A partir de 1936, le gouvernement du Front Populaire  décide de créer des Cours Complémentaires. La municipalité met aussi un point d’honneur à faire évoluer l’équipement scolaire uzerchois. L’Ecole primaire de La Bessoule est construite en 1935, le Cours Complémentaire de filles,  place de la mairie,  prendra 4 ans pour être fonctionnel. Il répond à une demande du Front Populaire qui veut créer des Cours Complémentaires permettant aux élèves de se présenter  au BE (Brevet Elémentaire) et, pour ceux qui étudient une langue étrangère, au BEPS (Brevet d’Etudes Primaires Supérieures). Ces deux examens deviendront le BEPC (Brevet d’Etude du Premier Cycle) lors de la session de 1948.
          Le 5 mars 1937, le bureau de la Chambre des députés reçoit un projet de loi très ambitieux déposé par Jean Zay ministre de l’éducation. Il  comprend  la scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans, la sélection par le mérite, permet de gommer au maximum les inégalités sociales entre les élèves. Chaque français doit parcourir un chemin scolaire cohérent. Le Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires  est conçu comme un examen pour lequel il faut acquérir des connaissances et des aptitudes. Par ailleurs, l’enseignement public du second degré est gratuit, sanctionné par l’obtention du baccalauréat, diplôme obligatoire pour faire des études supérieures.
           Juste avant guerre, la scolarisation de tous les enfants et adolescents pouvait se faire à Uzerche. En attendant la fin des travaux, le Cours Complémentaire fonctionne dans l’ancienne mairie.
          On peut noter une section commerciale qui a fonctionné de 1947 à 1960, cette section dispensait des  formations de  sténo, de dactylo,  de comptabilité.
          Le C.C est construit avec un internat de 60 places.
          Pendant la seconde guerre mondiale, l’évolution de l’internat est la suivante:
               En 1942 :13 élèves en internat, 
               En 1943 : 26 ,
               En 1944 : 39
          Après guerre 185 élèves doivent se loger chez des particuliers !
          En 1957,  le CC comptait jusqu’à 300 élèves. Les Cours Complémentaires, par décret no 59-57 du 6 janvier 1959 portant réforme de l'enseignement public, sont transformés en Collèges d'Enseignement Général (CEG). A la rentrée de 1960, ces derniers conduisent toujours au BEPC en 4 années, et  à l'issue de la classe de troisième, les élèves peuvent passer le concours d’entrée à l’École Normale ou entrer en seconde "moderne" (M'). Après la 3°, parfois,  une  section préparatoire (3eme B) permet de préparer le concours d’entrée à l’Ecole Normale. Une section d’enseignement ménager est ouverte à ce moment-là et fonctionne jusqu’en 1970. Elle prépare au CAP et à des diplômes agricoles.

Et la mixité :
          En 1945, une classe de 3° B mixte fonctionne au collège de garçons. .  L’établissement  devient Lycée Municipal Mixte Classique et Moderne en septembre 1958 avec les classes de seconde et première, et la mixité commence réellement à cette date. Les élèves se présentent  au  bac probatoire appelé aussi 1er partie du bac. C’est aussi à cette date qu’est créée l’académie de Limoges. Les jeunes pour « passer le 2éme bac » doivent « s’expatrier » dans les grandes villes de l’académie.
           Il a fallu attendre 1969 pour que le CEG devienne CES : Collège d’Enseignement Secondaire Mixte  et qu’il soit un établissement nationalisé. Les cours sont dispensés dans les locaux  du CEG et du Lycée.
Mais les internats de filles et de garçons sont séparés !
          En 1976, le CES se transporte dans des locaux fonctionnels à Lapeyre.
          Ils sont inaugurés en 1977  et portent  le nom actuellement de  Gaulcem Faidit.

Bibliographie et sources :
   Archives départementales de la Corrèze
   Le pays d’Uzerche tome 1 et 2 de  louis Bournazel Editions Lemouzi 1987
Et quelques bulletins de notes...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 



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